9 septembre 2025

L’instabilité institutionnelle : conséquence directe de l’obstination présidentielle

Le 8 septembre dernier, Eva Sas a pris part au vote qui a provoqué la chute du gouvernement de François Bayrou. Ce choix clair et assumé rappelle son opposition aux politiques antisociales et fiscales menées par Emmanuel Macron et ses alliés depuis 2017. Les privilèges accordés aux milliardaires et multinationales aggravent le déficit public, tandis que l’on demande aux services publics et aux citoyen·nes de compenser. La conséquence est évidente : des mobilisations contre une précarité croissante, des inégalités accrues et des territoires laissés-pour-compte. Avec seulement 194 voix favorables contre 364 oppositions, ce vote de confiance a symbolisé le fossé entre le gouvernement et les préoccupations réelles des Françai·es.

La désignation de Sébastien Lecornu à Matignon illustre une fois de plus l’obstination du président de la République. Malgré la perte de sa majorité et malgré le message clair envoyé par les urnes, Emmanuel Macron choisit de s’entourer d’un proche, sans tenir compte du fait que son parti n’est pas arrivé en tête. Ce choix n’est pas neutre : il traduit un refus de prendre en compte la légitimité des forces que les électeur·rices ont placées en tête, notamment la gauche. Une prise en compte des propositions légitimes de la gauche ne doit pas seulement être annoncée mais être enfin appliquée en actes. L’abandon de la suppression des jours fériés n’efface pas les intentions initiales, ni le projet budgétaire déséquilibré qui reste sur la table. 

L’instabilité institutionnelle que nous connaissons aujourd’hui découle directement de cette obstination dont le chef de l’Etat fait preuve, que ce soit par la dissolution de l’Assemblée nationale ou par son défilé de ministres. Loin de rechercher un compromis, il s’acharne à gouverner dans le huis clos de son camp, contre l’expression populaire. Après avoir multiplié les recours au 49.3, coupé court aux débats parlementaires, son gouvernement empêche aussi l’application des propositions adoptées par la représentation nationale, comme la loi Zucman contre l’évasion fiscale, qui permettraient d’avoir un budget juste et équilibré.

La nomination de Sébastien Lecornu, malgré quelques annonces de renoncement, ne modifie en rien la ligne suivie. Le cap demeure insuffisant pour répondre aux Françai·es, aveugle face aux bouleversements sociaux et environnementaux qui nous attendent, et toujours trop favorable aux logiques financières qui affaiblissent notre pays.

C’est pourquoi la mobilisation doit continuer, dans l’hémicycle, sur le terrain et aux côtés des citoyen·nes, pour que les intérêts des Français·es passent enfin avant ceux des investisseurs qui n’ont d’autre horizon que le profit immédiat, souvent loin de nos frontières.

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